9/28/2017

Galette Saint-Pierre



Une galette au beurre, que l'on mangerait sur un rocher, là à l'écoute des flots, le coeur empli de leurs échos...


Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots. 
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? 
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… 
La lune était sereine et jouait sur les flots.

2 septembre 1828


Victor Hugo, Les Orientales, 1829






INGRÉDIENTS POUR UNE GALETTE A PARTAGER :

250 g de farine
1/2 sachet de levure chimique
150 g de sucre en poudre
180 g de beurre demi-sel de Bretagne
5 jaunes d'oeuf

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C. Beurrer un moule à tarte. Réserver.

2. Dans un saladier, tamiser ensemble la farine et la levure, réaliser un puits au centre.

3. Dans un autre récipient, battre les jaunes d'oeufs et le sucre en poudre en ruban (la préparation doit retomber de la cuillère en ruban).

4. Incorporer ce mélange à la farine. Ajouter du bouts des doigts le beurre en morceaux à température ambiante.

5. Tasser cette pâte dans le moule et faire cuire 25 minutes. A la sortie du four démouler immédiatement et laisser refroidir sur une grille. Ou à déguster tiède avec un thé fumant...



9/26/2017

Toasted brioche, bluberries, chestnut cream and toffee | Brioche perdue, myrtilles, crème de marron et caramel



C’était un vingt septembre, je posais ma valise et quelques cartons de livres dans un appartement au Nord de Paris. Le parquet était d’origine, en chêne verni, les murs étaient tapissés de fleurs et les portes vitrées laissent entrevoir une succession de pièces rarement occupées. Les fenêtres étant restées closes des semaines durant, une odeur particulière d’humidité et de bois se dégageait.
La cuisine laissait croire qu’elle avait été quittée à la hâte, une vieille théière sur le gaz, quelques tasses sur le plan de travail et dans l’évier en grès, une chiffe.
Par la lucarne, j’apercevais Paris qui me semblait encore immense, inconnue, impressionnante. Je me demandais alors si un jour je pourrais orienter le badaud perdu, si je serais capable de lui indiquer le chemin pour rejoindre Le Louvre, Saint-Michel, Montmartre ou le marché des Enfants Rouges.
Je débarquais dans cette gigantesque métropole avec un diplôme en poche mais aucune opportunité professionnelle se profilant à l’horizon. Je me répétais que si j’étais venue ici c’était pour cela, pour le travail et puis tout le reste : la richesse culturelle, la diversité des foules, les amitiés à nouer, mon avenir à faire fleurir.

Des années ont passé, j’ai bringuebalé ma valise ici et là. Je me rappelle de ce petit appartement de Monte Cristo, ses recoins et alcôves, sa salle de bain de la taille d’un mouchoir de poche. Des fêtes y ont eu lieu, par des chaleurs étouffantes, fenêtre sur cour et les rires qui rebondissaient sur les murs voisins. Les premiers sapins de Noël, que je portais sur l’épaule depuis la place de la Nation et que je m’évertuais à monter jusqu’au sixième étage, emballée, prise en proie à une fureur festive. Et puis les flocons de février, la délicatesse avec laquelle ils se posaient sur les toits de tôle grise s’étalant à perte de vue, les milles cheminées caractéristiques se découvrant sous cette couverture blanche. Le quartier était mouvant, j’aimais y flâner, je découvrais son dynamisme. J’avais mes habitudes au café du coin : le café/croissant quand venaient les vacances d’été, sur une terrasse à l’ombre des platanes, la boutique de vêtements, tenue par une jeune femme aux cheveux noirs de jais et la boulangerie où toujours j’allais chercher ce merveilleux pain au lait à sa sortie du four.

Les saisons défilaient à vive allure et j’ai découvert Montmartre, ses squares débordants d’enfants, la rue des Martyrs et ses commerçants aguerris, avec qui toujours j’avais un mot. Le primeur connaissait mon goût pour les fruits de saison, mes yeux ronds comme des ballons devant les premières cerises. Le petit magasin de vaisselle qui a accueilli sous ses cloches de verre layer cake, carrot cake et pain d’épice quant décembre arrivait. C’était un bal de poussettes tôt le matin et un concert de tintement de verre tard le soir. Ce quartier était véritablement rythmé par ses habitants qui en étaient le poumon.

Il n’aura pas fallu longtemps cependant avant que j’adopte le vingtième arrondissement et ses maisons cachées. J’aimais ce village, ses rues pavées. Les librairies qui bordaient les trottoirs et le fleuriste qui toujours me surprenait par ses compositions audacieuses. Les buttes Chaumont étaient à deux pas, je parcourais alors la rue de la Villette à grande enjambées pour retrouver ses montées et descentes. Des montagnes russes de nature jonchées de marrons quand l’automne renaissait. Il y avait, en contrebas de la rue de Belleville, un restaurant chinois où je dévorais de délicieux raviolis et l’aubergine braisée. Si je poussais un peu, j’arrivais à l’angle de la rue Saint-Maur et je passais des heures au comptoir du Jane Café. Véritable buvette de quartier où les habitués se retrouvaient pour se raconter les anecdotes de la semaine avant que leurs paupières n’en tombent, les vapeurs d’alcool aidant.

Les Abesses, Lamarck, furent la dernière destination de mes pérégrinations parisiennes. La maison était bordée de toute part par les commerces de bouche. J’arrivais ici pour quelques semaines, quelques mois, je ne savais pas bien encore.  L’odeur du pain chaud me réveillant quand toujours dans mes somnolences. J’avais fait de ma chambre aux murs blancs, un cocon, un nid dans lequel j’appréciais me réfugier. On y retrouvait une collection de souvenirs : des photos de mes voyages, des portraits de mes amis. J’étais toujours heureuse d’entendre la porte claquer le soir, un peu comme lorsque j’étais enfant, je savais que Constance ou Valérie rentraient. Que nous allions nous installer dans le salon et entamer d’interminables conversations autour d’un verre de vin, ou en dégustant un délicieux jambon italien, ou un plat de pâtes, souvenirs de nos escales estivales.
Sur mon balcon, perchée, j’aimais regarder l’agitation en contrebas et deviner les conversations. Souvent j’apercevais les touristes, épuisés d’avoir grimpé les hauteurs montmartiennes et se régalant d’un « Parisien », fameuse Tradition, à la mie alvéolée, tartinée de beurre et garnie d’épaule et de fromage.

L’Automne était là et portait en lui espoirs et promesses. Les feuilles brunissaient, dans un souffle l’or, le rubis et le cuivre dansaient dans le ciel. La lumière se voulait plus basse, rasant les stores des échoppes à l’heure du thé. Je recouvrais mes épaules d’une écharpe en laine et je sentais que progressivement je me détachais d’elle, de son tumulte, de son agitation. Au creux du ventre, une appréhension certaine mêlée à l’enthousiasme des nouveaux départs. 10 ans. Paris m’avait portée, exaltée, surprise, aimée. Paris m’avait appris dans la douceur et parfois la rudesse. Paris m’avait accueillie et ce soir Paris me disait au revoir. Comme une vieille connaissance, comme une amie à qui l’on dit « je t’écrirai ».

Paris me quittait quand je quittais Paris.




INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES :

4 tranches de brioche
20 cl de lait
40 g de sucre
2 oeufs
125 g de myrtilles
150 g de crème de marron
Sauce caramel

PRÉPARATION :

1. Dans un saladier battre ensemble les œufs, le sucre et le lait.

2. Faire chauffer 20 g de beurre dans une poêle. Imprégner les tranches de brioche du mélange au lait sucré. Faire cuire la brioche jusqu'à obtention d'une belle couleur dorée.

3. Disposer la brioche perdue dans des assiettes et garnir de myrtilles, de crème de marron et de sauce caramel.



9/07/2017

Fig, strawberry, honey and basil salad | Salade d'été aux figues, fraises, miel et basilic




La nuit approchait, elle venait embrasser le soleil, comme pour lui dire de se retirer et laisser à la lune son tour de briller, d’allumer les voûtes astrales. Le sable était désormais frais sous nos pieds. Fin, il glissait entre nos orteils, caressait nos peaux dorées. La lagune était tel un drap de soie, ondulant avec délicatesse depuis l’horizon jusqu’à nous. Sa surface laissait admirer le reflet des brumes éparses, ses plis se voulaient sensuels, tout en volupté. Il y avait ces voiles, comme des mouchoirs, qui s’agitaient au passage des embruns. Et cette légère brise qui portait en son creux les parfums d’hortensia, de laurier et d’aster, émanant des jardins contigus.

La lune était argentée, comme une agate blanche suspendue à un fil imaginaire. Sa robe éclatante miroitait dans l’eau au calme olympien. Aucun bruit sauf celui des clapotis. Pas une silhouette alentour, nous étions seuls avec pour spectacle l’immensité. Les étoiles dansaient dans le ciel, véritable ballet de corps célestes s’exécutant à d’imaginaires arabesques,  entrechats et pirouettes.

Nous décidions alors d’agrémenter ce spectacle, de lui donner sa particularité. Délicatement, nous dépliions ces bulles de papier de soie, du bout des bras nous leur faisions prendre toute leur ampleur en invitant le vent à s’y engouffrer. Puis avec toute la dextérité que l’exercice requérait, nous allumions leur base. L’air chaud gonflait ces ballons qui soudainement s’élevaient dans l’atmosphère. Ils rejoignaient nos danseuses, s’invitaient au bal, portés par nos vœux et espoirs profonds. Nos regards fixaient ces points incandescents jusqu’à ce qu’ils s’échappent vers les coulisses, un bref salut lancés à notre intention. Les filantes firent leur entrée sur scène, époustouflantes, elles traversaient les cieux arqués avec précipitation, suivies par des étincelles, nous avions le final tout en élégance, en reflets opalins, la troupe riait, virevoltait à nous en faire tourner la tête. Les nuées, tels des jupons de tulle fin et fluide, se déplaçaient en cadence  et fermaient le mouvement.

Vint alors l’heure de baisser le rideau, de laisser aux étoiles le temps de se retrouver pour rejouer, peut être demain, leur pas de bourrée. Nous tournâmes alors le dos à l’océan et en silence nous reprîmes le chemin de la maison, éclairés par nos rêves à n’en plus finir.


INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES :

12 figues de taille moyenne
150 g de fraises
250 g de ricotta
50 g de pignons de pin
Quelques feuilles de basilic
Un peu de miel

PRÉPARATION : 

1. Laver et couper les figues en deux ou en quatre selon leur grosseur. Faire de même avec les fraises.

2. Disposer les figues et les fraises dans quatre assiettes, ajouter quelques billes de ricotta (formées à l'aide de deux cuillères à café). Parsemer de petites feuilles de basilic et de pignons de pin. Agrémenter de miel à souhait.




8/16/2017

Oréo® cookies and cream cake | Layer cake aux biscuits Oréo® et crème vanillée



Il en était ainsi, comme l’année passée, un retour aux sources s’imposait. J’aimais me laisser bercer par le ballottement du train, la tête appuyée contre la vitre sur laquelle venaient s’écraser de lourdes gouttes de pluie. Les paysages défilaient, en mouvement, changeants. Mon regard suivait leurs courbes sans prêter plus attention. Je me projetais déjà, dans ce cocon qui m’attendait, où la vie se voulait plus lente, la foule plus disparate et le rythme au ralenti, freiné par un mois d’août qui encourageait les familles à quitter leur nid douillet pour peupler le littoral. Ces dernières allaient parcourir des kilomètres de digues, déployer leur parasol sur les plages bondées, s’enduire de crème solaire au parfum particulier de tiaré ou de vanille, quand j’allais profiter égoïstement des rues de cette ville qui m’est si familière, qui m’a vue grandir. J’allais pouvoir me lever aux aurores, pousser discrètement la porte vitrée du salon, sentir la rosée du matin sous mes pieds pour rejoindre la terrasse en bois.

La végétation y était désormais plus dense : les plans de tomates pliaient sous le poids des fruits, la menthe poivrée embaumait, et le mûrier laissait deviner de riches grappes noires aux reflets vermeilles. Les heures s’allongeaient sans précipitation aucune, si je tendais l’oreille je pouvais percevoir le tintement des secondes.
La récolte de groseilles était la promesse de confitures. Leur pulpe était rouge vif et toujours sur la langue cette acidité particulière que le sucre viendra adoucir. Je compte les bulles en surface, j’écume, je patiente et je rie. Un éclat de rire qui ricoche dans toutes les pièces de la maison. Maman n’est pas loin, c’est certain, et une fois encore joue avec les mots, nous nous gondolons.

Puis viens l’appel des amis restés ici. Les épisodes tordants d’une grande surface désolée, où les clients sont comme perdus entre petits pois et brochettes. Les jeux dans l’herbe, et quand viser devient complexe tant l’hilarité et le rosé brouille notre vision. Les discussions à bâtons rompus en bord de piscine nous maintiennent éveillés jusque tard dans la nuit. Elles prennent des tournures tout à fait inattendues, fantasmagoriques. L’eau est plus chaude que la température extérieure et nous décidons d’y laisser nos corps s’allonger en surface, nous sommes bercés par son doux clapotis. Un dernier verre et nous nous dirigeons nonchalamment vers nos nuages de coton et de plumes.

La vie se déploie ainsi, au gré des envies. Les journées se veulent désormais plus radieuses et je découvre une nouvelle maison. Elle est assise sur son terrain de gravier, solide, puissante. Dans son jardin des arbres centenaires et au fond un bois. Elle a un vécu, une histoire. Ses murs, s’ils le pouvaient, parleraient. Nous nous installons dehors, nous nous amusons à nous faire des frayeurs quand l’obscurité vient nous envelopper. Puis le calme revient, c’est une nuit claire. Nous sommes le nez collé aux cieux et soudainement émerveillés par la pluie d’étoiles filantes. Elles dansent, aussi brillantes que des perles, elles déchirent la nue de leur éclat, il y en a tant que les vœux viendraient à manquer… Nous voilà comme des gosses, époustouflés, sans voix devant la parade de l’immensité.  Le silence se fait, nous restons solidarisés par la quiétude du moment. Nous attendons demain en flânant gentiment.




INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

Pour les génoises au chocolat :

250 g de farine
70 g de cacao en poudre
1 ½ cuill. à café de levure
1 cuill. à café de bicarbonate de soude alimentaire
¾ cuill. à café de sel fin
12 cl d’huile de raisin
250 g de sucre en poudre
2 gros œufs
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide
½ cuill. à café d’extrait d’amande amère
18 cl de lait entier
24 cl de café chaud

Pour la garniture (et une partie du glaçage) :

250 g de beurre doux pommade
350 g de fromage frais
400 g de sucre glace
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide

Pour le glaçage :

10 biscuits Oréo®

PRÉPARATION :

1. Beurrer et fariner trois moules à charnière de 20 cm de diamètre. Préchauffer le four à 180°C.

2. Dans un saladier, mélanger la farine, le cacao, la levure et la bicarbonate de soude et le sel. Réserver.

3. Dans un autre saladier mélanger l’huile, le sucre en poudre puis ajouter les œufs un à un. Incorporer la vanille et l’amande. Ajouter progressivement la farine en alternant avec le lait. Ajouter le café chaud et répartir le mélange dans les 3 moules à charnière. Faire cuire 25/30 minutes puis laisser refroidir 15 minutes avant de démouler et laisser complètement refroidir sur une grille.

4. Réaliser la garniture : mélanger au fouet le beurre pommade et le fromage frais. Monter cette crème avec le sucre glace et ajouter la vanille. Réserver.

5. Monter le gâteau : sur une couche de génoise déposer l’équivalent d’une cuillère à glace de garniture à la vanille, recommencer l’opération avec la seconde génoise puis déposer la troisième génoise.


6. Mixer les biscuits à l’aide d’un robot et incorporer cette poudre à la garniture restante. Répartir ce glaçage uniformément sur l’ensemble du gâteau à l’aide d’une spatule coudée.



7/23/2017

Strawberry shortcake in a jar | Génoise, crème de mascarpone au miel et fraises Mara des Bois




Je m’étais levée tôt, avant même que le soleil ne fasse jouer ses rayons dans l’arbre dont on devinait la silhouette dans les interstices des volets persiennes. Les cigales ne chantaient pas encore, la nature était en doux éveil, seule la cafetière à piston, encore tiède et posée sur la table de la cuisine, laissait deviner qu’une âme plus matinale encore s’était glissée dans la cuisine quelques instants plus tôt.
Je me faufilais dehors. Je sentais sous mes pieds nus les dalles de pierre fraîche, je percevais le bruit singulier du frottement de peau sur cette roche polie. De ma tasse de thé, émanaient des parfums de bergamote et qui, s’en échappant, se mêlaient à l’odeur d’une garrigue environnante. Pins d’Alep, lavande, bois d’olivier, l’alchimie faisant, cette luxuriante végétation, enracinée dans les calcaires alentours, s’invitait olfactivement pour le petit-déjeuner.
Tel un chat, je m’installais sur la chaise, en boule et j’écoutais le silence du hameau. Mon regard s'arrêtait sur chaque détail que le tableau avait à offrir : les nervures des feuilles de laurier, le linge que la chaleur avait rendu un peu rêche et s'enroulant autour d'une corde raide, les brindilles de bois se mélangeant à un gazon brûlé par endroit...  J’imaginais le geai, qui semblait avoir fait son nid à quelques battements d’ailes d’ici, sortir de ses plumes et dévoiler ses nuances bleu de Prusse, gris perle, noir de jais.
Le figuier, venait, de ses longues et lourdes branches, habiller la terrasse, lui donner des airs de jungle domestiquée. Ses fruits, prématurément tombés, jonchaient le sol de couleur bisque, le mouchetant de vert empire, comme une peinture impressionniste, comme un pied de nez au naturalisme de Van Gogh qui chérissait la Provence.
Tout ici était calme et volupté, le sommeil se dérobait lentement, laissant chaque membre de mon corps s’animer avec préciosité. Je sentais l’air chaud frôler ma nuque, et jouer dans les quelques mèches dorées s’échappant d’une attache faite à la hâte. Le vent rasait la surface indigo  de la piscine, dans laquelle je plongeais ma main, je jouais à faire des ronds, des ploufs et des sauts de puce du bout des doigts. J’étais happée par les mouvements de l’eau, ses ondes rapprochées qui progressivement  s’évanouissaient dans cette masse chlorée. J'essayais tant bien que mal de me concentrer sur ma lecture mais une fois encore, je me surprenais à relire pour la troisième fois la même ligne, les mêmes mots. Non, le ciel attisait trop ma curiosité, les branches des palmiers dansaient avec les zébrures de kérosène. Je me surprenais à tourner sur moi-même, à laisser tout mon être tanguer délicatement sur un fil imaginaire. Je laissais mon dos se cambrer, la tête me tournait un peu, comme c'était euphorisant.  Je fermais les yeux et revoyais cet impressionnant château d’Aiguines, cerné de vignes et dont l’imposante tourelle laissait échapper les notes des Gnossiennes d’Erik Satie. Les flots azuréens du Lac de Sainte-Croix s’invitaient dans ma rêverie, les montagnes émeraude, leurs senteurs singulières de thym et de glaise. Les eaux cristallines débordaient, elle s'engouffraient en rigoles dans les volumétries variables  de ce vertigineux panorama. J'entendais son rire, ses plics et ses plocs, sa course effrénée le long des écorces et des terres argileuses. 
Je devinais alors les premiers bruits de la maison, un drap que l’on dégage d’un corps encore engourdi,  un rideau que l'on tire, une porte qui s’ouvre… Ma quiétude allait être troublée. Peu m’importait la part de rêve était ici, en ces lieux, surtout éveillée. J’allais continuer de collectionner les instantanés de vie, les photographier d’un battement de paupières pour mieux les raconter aux étoiles quand le ciel ce serait rendormi. 


INGRÉDIENTS POUR 2 GROSSES VERRINES (ou 4 petites)

Gâteau au yaourt :

1 pot de yaourt
2 pots de sucre en poudre
3 œufs
½ pot d’huile neutre (ou d’olive)
3 pots de farine avec levure incorporée

Crème de mascarpone au miel :

250 g de mascarpone
60 g de miel
1 pincée de vanille en poudre

Pour la garniture aux fraises et le coulis de fraises :

500 g de fraises mara des bois
1 citron vert
1 cuill. à soupe de sucre en poudre

PRÉPARATION :

1. Préparer le gâteau au yaourt :
Préchauffer le four à 180°C.
Dans un saladier mélanger le yaourt avec le sucre et les œufs. Ajouter l’huile puis la farine avec levure incorporée. Beurrer et fariner un moule à cake, verser la préparation au yaourt dedans puis faire cuire 30/35 minutes. Sortir du four, laisser refroidir et démouler. Découper quelques tranches puis les hacher finement en morceaux.

2. Préparer la crème de mascarpone :
Dans un saladier battre le mascarpone à l’aide d’un fouet électrique, ajouter les 60 g de miel puis une pincée de vanille en poudre. Réserver au frais.

3. Préparer le coulis de fraises et les fraises :
Laver et équeuter les fraises, réserver 250 g  pour le dressage en verrine. Mixer les 250 g restants avec le jus de citron vert et 1 cuillère à soupe de sucre.

4. Dresser les verrines :
Dans le fond des verrines répartir la moitié du gâteau au yaourt finement haché. Déposer de la crème au mascarpone au miel, ajouter les fraises puis un peu de coulis. Renouveler l’opération une fois.

Réserver au frais jusqu’au moment de servir.